La programmation 2011-2012 d’ÉCOBES est diversifiée et révélatrice de l’expertise développée au fil des années. Les projets couvrent l’ensemble des volets d’un Centre collégial de transfert de technologie en pratiques sociales novatrices (CCTT-PSN), soit la recherche appliquée, l’aide technique et l’information.
Au Québec, les jeunes investissent de plus en plus tôt le marché du travail. Or, parmi l’ensemble des travaux de recherche portant sur la problématique de la santé et la sécurité du travail (SST) chez les jeunes, peu d’études portent sur les travailleurs âgés de 15 à 19 ans. De 1976 à 2005, le taux d’activité de ces jeunes travailleurs est passé de 43,7 % à 51,8 %. De plus, la proportion des jeunes de 15-19 ans qui occupent un emploi alors qu’ils sont aux études a presque doublé au cours des trente dernières années.
Depuis une vingtaine d’années, plusieurs études ont mis en évidence le fait que les jeunes de moins de 25 ans se blessent très souvent au travail, faisant de cette situation une préoccupation de santé publique autant au Canada qu’aux États-Unis et en Europe. Le Québec n’y échappe pas, les jeunes travailleurs y représentant une population particulièrement touchée par les lésions professionnelles. Lorsqu’on tient compte du temps passé au travail, les jeunes Québécois subissent environ une fois et demie plus d’accidents de travail que leurs aînés.
Le présent projet vise à déterminer les conditions de travail et de SST des jeunes fréquentant les niveaux secondaire et collégial dans trois régions du Québec et s’intéresse également à la façon dont ont évolué ces conditions au cours des dix dernières années. Il s’inscrit dans la foulée des travaux qui tentent de comprendre pourquoi les jeunes travailleurs courent un risque accru d’accidents de travail et alimentera, par le fait même, le développement de nouvelles connaissances sur le processus accidentel.
Depuis 2000, ÉCOBES est engagé dans un programme de recherche qui porte sur la génétique communautaire et les perceptions de la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean (SLSJ). Une nouvelle collecte de données est prévue afin d’évaluer les retombées dans la population en général de la mise sur pied du projet-pilote d’offre de tests de porteur pour quatre maladies héréditaires récessives dans la région du SLSJ. Cette consultation prendra la forme d’une enquête téléphonique qui mesurera, auprès d’un échantillon représentatif de la population du SLSJ, les retombées du projet-pilote, notamment en ce qui concerne l’acceptabilité et le niveau de connaissance en génétique et sur les maladies héréditaires. Ce projet d’évaluation attend la mise en place du projet-pilote avant d’être pleinement déployé.
Le cumul études-travail a crû de manière significative au cours des 20 dernières années au Canada. On sait aujourd’hui que le taux de réclamation pour une lésion professionnelle est quatre fois plus élevé au cours des deux premiers mois en emploi, et ce, peu importe le groupe d’âge. De plus, il a été démontré que la mobilité d’emploi serait un des facteurs prédictifs de la survenue précoce des accidents de travail dans le parcours professionnel. Les conditions d’accueil et d’intégration des nouveaux travailleurs sont donc de plus en plus reconnues comme une cible de prévention intéressante. Bien que plusieurs organismes aient produit des outils sur l’intégration des nouveaux travailleurs à l’intention des employeurs, on en connaît encore peu sur ce qui se fait réellement sur le terrain, particulièrement dans les petites entreprises de services. Cette activité de recherche vise à mieux connaître les conditions réelles d’accueil et d’intégration d’étudiants-travailleurs, une population caractérisée par une grande mobilité d’emploi, dans les entreprises de services afin de mettre en évidence les pratiques perçues comme les plus favorables à une intégration réussie du point de vue de ces jeunes.
Le deuxième volet de ce projet multidisciplinaire touche à la sociologie médicale. Il s’agit ici de déterminer les conséquences à long terme de l’exposition au tabac durant la grossesse sur la structure du cerveau, sur ses fonctions ainsi que sur la santé cardiovasculaire et métabolique des adolescents. Cette recherche donnera accès à de nouvelles connaissances sur différents désordres de santé débutant à l’adolescence (obésité, diabète, hypertension, dépression, anorexie, etc.).
ÉCOBES effectue, depuis 25 ans, des recherches dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des individus atteints de dystrophie myotonique de type 1 (DM1). Le plus récent projet vise à développer et à soutenir l’implantation d’une organisation de services en première ligne axée sur les infirmières avec une augmentation des responsabilités de ces dernières dans l’évaluation, les procédures d’intervention et de référence. Cette nouvelle façon de dispenser les soins devrait permettre de mieux répondre aux besoins des individus atteints de DM1 par des mécanismes plus efficients de communication et d’allocation des ressources.
Depuis 2006, ÉCOBES se livre à des enquêtes et à des recherches sur le terrain pour mieux connaître le type d’emploi occupé par les jeunes qui sont aux études, et plus particulièrement pour évaluer les effets du cumul emploi-études, d’une part, et du cumul de contraintes de travail, d’autre part, sur la réussite scolaire et la santé et la sécurité du travail des jeunes. Ce projet ayant donné lieu à un rapport de recherche récemment déposé à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), la diffusion des résultats et le transfert des connaissances se poursuivent cette année.
La Direction de santé publique du Saguenay–Lac-Saint-Jean (SLSJ) a confié à ÉCOBES le mandat d’en apprendre davantage sur la façon dont se construit l’estime de soi et sur les facteurs qui font en sorte qu’un jeune devient insatisfait de son image corporelle au cours de l’adolescence. Une meilleure compréhension de ces problématiques peut permettre de travailler en amont pour favoriser un niveau élevé d’estime de soi et une image corporelle positive chez les jeunes, des gages de santé et de bien-être. La sortie d’un premier rapport de recherche faisant état de l’évolution de l’estime de soi et de l’insatisfaction de son image corporelle de 14 à 18 ans chez les participants à l’Enquête longitudinale auprès des élèves saguenéens et jeannois (ELESJ-14) a donné lieu à de nombreuses présentations auprès d’intervenants des milieux scolaire et de la santé.
Le travail de nuit est problématique parce que les individus doivent travailler la nuit, lorsque l’horloge biologique prédispose leur corps au repos, et dormir le jour, lorsque leur corps est appelé à être actif. Ce projet vise à tester l’efficacité de différents types d’exposition lumineuse afin d’augmenter la vigilance au cours de la nuit et d’améliorer la qualité et la quantité du sommeil le jour.
Une des chercheurs de l’équipe complète une thèse de doctorat en vue de mieux comprendre les représentations et les perceptions des étudiants en médecine de la pharmacogénomique.
© Cégep de Jonquière, 2012